Les salles de cinéma marocaines s’apprêtent à accueillir le film « Rue de Malaga » de la réalisatrice Maryam Touzani à partir du 22 avril, après sa participation à plusieurs festivals internationaux où il a reçu un accueil critique favorable, ce qui laisse présager de bonnes performances au box-office malgré une forte concurrence de films marocains à dominante comique.
Ce film arrive dans un contexte où la comédie commerciale domine le marché, tandis que les œuvres à dimension artistique peinent à s’imposer et quittent souvent rapidement les salles, relançant ainsi le débat sur les goûts du public et l’influence du marché sur la production cinématographique.
L’histoire se déroule à Tanger et suit le quotidien d’une femme espagnole âgée confrontée à la décision de vendre la maison familiale en raison des difficultés financières de sa fille. Attachée à ses souvenirs et refusant de quitter ce lieu chargé d’histoire, elle tente de trouver une solution pour préserver cet héritage, dans un parcours profondément humain marqué par son lien intime avec la ville depuis son enfance.
Le film explore également la solitude de l’héroïne après la perte de son mari et l’éloignement de sa fille, ainsi que ses efforts pour tisser de nouvelles relations donnant un sens renouvelé à sa vie, avec l’émergence d’un lien inattendu qui apporte une dimension émotionnelle supplémentaire.
Maryam Touzani a expliqué que le film s’inspire d’une expérience personnelle liée à la perte de sa mère. Il reflète aussi son double héritage culturel maroco-espagnol ainsi que son attachement particulier à la ville de Tanger, qui constitue le décor central du récit.
« Rue de Malaga » mise ainsi sur une approche cinématographique humaine et sensible, loin des codes de la comédie dominante, ce qui représente un véritable défi pour attirer le public dans un marché largement orienté vers des productions commerciales.

